Reportage : Une nuit en dameuse

N’avez vous jamais été intrigués par le bal des phares de dameuses dansant sur les pistes de ski toute la nuit ? Par ces travailleurs nocturnes qui roulent en solitaire pour préparer le terrain de jeux des skieurs ? Nous vous proposons de vous immerger une nuit en dameuse avec cette interview de Patrick Miran, dameur à Formiguères.

PRESENTEZ-VOUS

Je m’appelle Patrick Miran, j’ai 46 ans et je suis né ici à Formiguères. J’ai commencé à travailler à la station de ski de Formiguères en neige artificielle à l’époque où il n’y avait encore qu’un canon à neige à la station. J’ai ensuite passé le diplôme de pisteur puis j’ai embrayé avec le diplôme de moniteur. C’est ma 27e saison en tant que moniteur et ma 8e année en tant que dameur. A côté j’ai aussi obtenu deux licences de pilote de ligne.

Stage Wimhof à Formiguères

QUELLE EST LA JOURNEE TYPE D’UN DAMEUR ?

Le grand public nous pose souvent la question des horaires d’un dameur. Les horaires classiques avec de bonnes conditions météorologiques sont de 17h à 1h-2h du matin. En revanche il arrive parfois que nous ayons des horaires décalés avec une prise de poste entre 1h et 2h en cas de grosses chutes de neiges.

Nous nous répartissons d’abord les pistes comme nous le souhaitons avec en priorité les pistes qui se détruisent rapidement. En cas de journée chaude par exemple nous essayons de prioriser les pistes exposées face Sud et les plus usées par les skieurs. Le but étant que la neige ait un temps de repos le plus long possible car c’est pendant la nuit qu’elle se restructure. Plus elle a de temps pour se restructurer et moins elle se fragilisera par le passage des skieurs.

COMMENT FONCTIONNE L’ENTRETIEN DES PISTES ?

Il y a plusieurs manières d’entretenir une piste. L’entretien classique consiste à remettre la piste à plat et à la fraiser. La fraise est l’appareil qui se trouve derrière la dameuse. Il y a gros tambour qui tourne et broie la neige avec derrière un peigne qui trace ces fameux traits que les skieurs retrouvent sur les pistes le matin. Ces traits augmentent la surface de contact avec l’atmosphère ce qui permet de refroidir la neige plus rapidement. On peut aussi retrouver en entretien l’étalage de neige artificielle sur la piste et sur les points d’usure. Et enfin le troisième entretien de piste consiste à aller chercher de la neige naturelle dans des carrières hors-pistes pour la ramener sur les pistes.

LA PLUS GROSSE DIFFICULTE DU METIER ?

Il y a évidemment l’aspect physiologique avec le manque de sommeil qui peut être assez éprouvant. Nous avons parlé des horaires décalés où nous pouvons commencer à 1h du matin. Il peut arriver que les conditions météorologiques soient mauvaises pendant 10 jours, ce qui fait 10 jours de poste décalé et de nuits blanches car il est très difficile de s’endormir avant 1h et après 9h du matin. Ce rythme peut entrainer des accumulations de fatigue assez sévère, il est donc très important d’adopter à côté une hygiène de vie saine avec une bonne alimentation et beaucoup de sport. L’autre volet est purement technique, il faut arriver à maîtriser des machines techniques, la technique du damage elle-même, s’adapter aux différents terrains et anticiper les enneigements.

 

QUE PREFEREZ VOUS DANS VOTRE METIER ?

Le calme, être dans un environnement privilégié tout en essayant de le préserver malgré notre présence en essayant par exemple d’utiliser le moins de gasoil possible. Nos nuits sont rythmées de beaux couchers et levers de soleils. On voit aussi quelques animaux, à Formiguères il y a beaucoup de lièvres et de martres. Tout cela nous offre un environnement très riche pour faire de la photographie.

 

AVEZ-VOUS UNE ANECDOTE A NOUS RACONTER ?

Il y a un volet très important à considérer quand on est en poste décalé : nous devons monter sur des routes où les chasse-neiges ne sont pas passés depuis 18h la veille. L’accès peut donc être très difficile en cas de grosses chutes de neiges. Je me souviens d’un jour à Puyvalador où j’étais seul dameur à travailler cette nuit-là. Il était 1h ou 2h du matin, la neige était très lourde sur la route et j’étais en difficulté depuis Formiguères. A la sortie de Rieutort ma voiture s’est prise comme dans du plâtre et n’a plus voulu ni avancer ni reculer. Je dû monter pendant environ 1h30 ou 2h à pied et sans lampe jusqu’à la station. Arrivé en haut, j’ai pris la dameuse, suis redescendu déneiger la route et ma voiture pour ensuite retourner travailler sur le domaine. Ça a été un beau moment de solitude !

Interview : RMSL Formiguères

Crédit photos : Patrick Miran

 

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